Histoire de gazinière

Tout commence à mon arrivée à mi-janvier sur le bateau.

A peine entré à l’intérieur, que la saleté repoussante de la gazinière attire mon regard; son état est tel, que si un service d’hygiène passait dans le coin, que la taverne serait fermée à tout jamais.

Il me faudra 3 demi-journées d’huile de coude et autres produits plus ou moins toxiques pour lui rendre un aspect acceptable sur toutes les parties visibles et accessibles et ne plus être dégoûté en l’utilisant. Je n’ai en effet pas le courage de la sortir de son emplacement et de la démonter pour la nettoyer dans tous ses recoins.

Certes, le balancement est un peu laborieux, il y a des marques sur la paroi du frottement de la cuisinière, cela aurait peut-être du me mettre la puce à l’oreille, mais il y avait tellement d’autres choses à faire.

Nous sommes au sixième jour de navigation, il est 23h30, temps de faire chauffer l’eau pour le café du quart montant. Comme d’habitude, je tends le bras pour attraper la bouilloire, mais c’est le vide et force est de constater que celle-ci se trouve quelques 20-30 cm plus bas que d’habitude.

La gazinière n’est plus suspendue dans ses supports. Y aurait-il eu une vague telle que celle-ci aurait réussi à sortir; je pense que je m’en souviendrais. Non c’est plus trivial et plus ennuyeux, Ce sont les axes qui la supportent qui ont cassés.

J’essaie d’imaginer une solution pour la resuspendre, sans avoir à la démonter complètement, cela va occuper mes rêves mon quart du reste de la nuit. Hélas, rien. Je pose la question à des amis, avec l’espoir d’une solution simple et rapide à mettre en œuvre. Rien.

Après le petit déjeuner, je démonte la cuisinière pour remettre des nouveaux axes qui permettront de la remettre à sa place. C’est fait avec un boulon à tête conique (je n’en ai pas trouvé à tête plate), des rondelles, un écrou et un contre écrou.
Trois heures plus tard, intérieur de la cuisinière nettoyé au mieux qu’il est possible de le faire dans ces conditions, elle en place et balance à nouveau, il sera toujours possible de mijoter des petits plats.

J’en ai profité pour nettoyer également les parois cachées par la cuisinière. La saleté par endroit très dure a résisté à tout sauf au WD40 !!!

Il est probable que les pièces ont cassé, car le mouvement était partiellement bloqué par la crasse – les morceaux restant dans le support étaient bloqués et il n’a pas été aisé de les sortir de là. Je ne sais pas depuis combien de temps, un nettoyage en profondeur n’avait pas effectué, mais probablement depuis longtemps.

C’était la première fois que je démontai une cuisinière en navigant, mais comme il faut bien une première fois pour tout…

PS : la progression vers Panama est satisfaisante, même si c’est vraiment compliqué de trouver les passages vers le nord sans subir de plein fouet le courant Pacifique sud, passage qui probablement n’existerait pas vraiment si El Niño n’était pas faiblement actif.

A bord de Requin’Roll, mercredi 24 avril 2019 à 0200TU (position : 04° 16’S 140° 40’W)

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