Longyearbyen : un peu d’histoire

Après avoir validé la liste des courses au supermarché, Bertrand, qui est arrivé au tout début de la journée, Stéphane et Dominique ont profité du temps clément et des percées du soleil au travers d’une couche de nuages moins épaisse que le jour précédent pour une ballade dans Longyear City.

Un peu d’histoire s’impose pour comprendre l’évolution de cette ville (city en anglais, by en norvégien, en signifiant la); vous allez tout de suite comprendre pourquoi, Longyearbyen, la ville de Longyear s’appelle ainsi.

John Munro Longyear (1850-1922) est un riche homme d’affaire étasunien intéressés par les activités minières, les chemins de fer, l’exploitation forestière et du bois de construction, l’immobilier et le secteur bancaire. En 1901, il participe à une croisière avec sa femme et ses enfants à bord du SS Augusta Victoria qui relâche sur l’archipel de Svalbard, au point de l’avent (Advent Point) plus tard renommé Hotellneset. Deux ans plus, il y retourne, collecte des échantillons de charbon qu’il fait analyser à son retour aux États-Unis. La qualité des échantillons l’incite à investir. En février 1906, il crée la « Artic Coal Company » qui va commencer à exploiter le charbon dans le fjord Advent. La compagnie crée la « ville » qui va héberger les mineurs et autres travailleurs nécessaires au bon fonctionnement de l’exploitation. La ville s’appellera Longyear City.

En 1916, la Store Norske Spitsbergen Kulkompani (SNSK) rachète la Artic Coal Company, John Longyear reste jusqu’à sa mort actionnaire de la compagnie norvégienne. La ville change alors de nom, prend le nom norvégien de Longyearbyen, la ville de Longyear.

Jusqu’en 1989, la ville tout entière appartient à la SNSK, lorsque celle-ci décide de se séparer de tout ce qui ne relève pas directement de l’exploitation minière du charbon. Des services ‘municipaux’ se mettent progressivement en place. Un système complet de démocratie locale est finalement réalisé en 2002 avec un conseil de communauté (community council) de 15 membres élus sur le même modèle que dans les communes de la Norvège continentale.

La ville est d’abord construite sur la rive gauche de la rivière Longyear, qui se jette dans le fjord Advent; puis parce que de nouvelles mines sont exploitées sur les montagnes de la rive droite de la rivière, la ville change progressivement de côté; il faut que les mineurs soient le plus près possible de leur lieu de travail.

Il importe de mentionner le traité concernant le Spitzberg signé le 9 février 1920 qui reconnaît la souveraineté de la Norvège, déclare toutes les îles zone démilitarisée et affirme que les citoyens de divers pays ont le droit d’exploiter les ressources naturelles « sur un pied d’égalité absolu » – à ce jour, seules la Norvège et la Russie utilise ce droit. Les norvégiens parlent du « Svalbardtraktaten », mais ce terme n’existe pas dans le traité lui-même.

Pour des informations complémentaires, voir la page de Wikipédia en anglais, la partie histoire de la page en français est vraiment trop sommaire.

Aujourd’hui, Longyearbyen possède encore de nombreuses caractéristiques de la ville de la compagnie minière. L’ensemble des bâtiments sont encore la propriété des employeurs que sont le gouvernement norvégien, le conseil de commaunité ou les compagnies importantes implantées dans la région. L’architecture des bâtiments sont typiquement des bâtisses minière à caractère temporaire sans clôture ni aménagement extérieur. Actuellement, quelques 2200 personnes résident à Longyearbyen; le renouvellement de la population est d’environ 25% chaque année, la durée moyenne de résidence est de 7 ans. Le tourisme (près de 30000 visiteurs chaque année est la principale source de revenus de la région.

Dominique Hausser à Longyearbyen, mercredi 26 juillet 2017, 1830 TU+2

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